Là où certains voient une assiette foncière (une friche par exemple), il imagine déjà un actif performant et durable. Depuis quatorze ans, Arnaud Delorme, autodidacte, passionné par les techniques historiques du patrimoine et des techniques ancestrales, donne vie aux ambitions de VALIMMO REIM. De la construction d’actifs à énergie positive aux restructurations bas-carbone, Arnaud pilote chaque projet avec exigences techniques, juridiques, financières et sens du long terme.
Qui êtes-vous?
Avant de rejoindre VALIMMO REIM il y a plus de 14 ans, j’ai exercé la fonction de Maître d’ouvrage délégué dans la Fonction Publique Territoriale (Mairie de Cannes) sur des bâtiments classés.
Cette expérience m’a appris :
- La rigueur technique,
- La gestion de projets complexes.
- Le respect du patrimoine,
J’aime :
- Concevoir un bâtiment (quelle que soit sa fonction),
- Utiliser des techniques anciennes et innovantes.
Pour moi, le bâtiment devient un organisme vivant.
Parallèlement, je suis passionné de sport. C’est un vecteur de :
- Performance,
- Synergie,
- Et d’esprit d’équipe.
Quelle révolution technique vous a le plus marqué depuis vos débuts ?
A mes débuts chez VALIMMO REIM, construire un bâtiment était relativement simple. Depuis les règles se sont complexifiées (techniques, juridiques, urbanistiques, financières…). La grande révolution, ce sont les réglementations environnementales et leur montée en puissance :
- RT 2012,
- RE 2020,
- Exigence carbone,
- Analyses de cycle de vie…
L’acte de bâtir s’est profondément transformé. L’approche environnementale impose plus d’expertise, plus d’ingénierie et plus d’anticipation. Aujourd’hui, un projet ne se conçoit plus uniquement en termes architecturaux ou techniques, mais en impact global sur le volet environnemental et en performance à long terme.
L’approche environnementale nécessité des compétences variées :
- Expertise,
- Ingénierie,
- Et anticipation.
Quelle réhabilitation illustre le mieux cette nouvelle approche ?
Le projet Héraklion, actuellement en conception. Il incarne une nouvelle génération d’opérations : intégration des démarches PEMD (Produits, équipements, matériaux et déchets), développement des filières de réemploi, réflexion sur la déconstruction sélective et le recyclage.

Chaque projet, à l’heure actuelle, doit-être une prouesse sur le plan environnemental. Dès lors, nous explorons concrètement les bénéfices de plusieurs filières :
- Du réemploi
- Des circuits courts, déjà mis en œuvre pour l’immeuble le SymphonIA à Sophia Antipolis.
C’est un projet d’avenir, à la fois technique et culturel.
Qu’est-ce qui vous motive au quotidien ?
La vie complète d’un projet qui s’articule ainsi :
- Concevoir,
- Arbitrer,
- Coordonner,
- et livrer.
Avoir une vision devenir réalité.
La diversité des projets et la richesse des rencontres rendent ce métier très enrichissant.
Un souvenir particulièrement marquant ?
L’Actipark Mougins, avec plus de 30 000 m² développés est un véritable lieu de vie qui accueille aujourd’hui une quarantaine d’entreprises dont le siège de VALIMMO REIM. Je pense aussi à la livraison de la concession Audi implanté sur l’Actipark Mougins, un actif atypique à forte exigence architecturale. Un projet premium qu’il a été possible de réussir grâce à la synergie de tous les intervenants. Un chantier réussi est toujours une œuvre collective.

Comment résumeriez-vous l’évolution de VALIMMO REIM ?
Une croissance continue, malgré les crises. En quinze ans, l’entreprise a gagné en maturité, en structuration et en ambition. Elle est devenue une référence dans la gestion de fonds immobiliers, tout en conservant une forte culture entrepreneuriale. Cette capacité de transformation est l’un de ses atouts majeurs.
Vous assurez la direction des projets sur les plans administratif, technique et financier. Comment maintenir l’exigence environnementale malgré la hausse des coûts ?
Le travail commence bien en amont, dès la conception. Nous optimisons les choix techniques avec les bureaux d’études pour rechercher des solutions simples, robustes et performantes. L’expérience permet d’arbitrer intelligemment entre innovation et efficacité budgétaire. L’objectif est clair : maintenir un haut niveau environnemental sans déséquilibrer l’économie du projet. L’expertise se mesure aussi dans cette capacité d’optimisation.
À quoi ressemble le bâtiment de demain ?
Le bâtiment de demain est connecté, pilotable et intégré à son écosystème. Nous devons concevoir des actifs capables d’évoluer dans le temps, gérés comme des organismes vivants. La neutralité carbone ne se joue pas uniquement à la construction, mais sur l’ensemble du cycle de vie. Béton bas-carbone, réemploi, construction hors site, matériaux biosourcés comme le bois, le chanvre ou la chaux… Les filières évoluent. Nous nous rapprochons progressivement du “bureau zéro carbone”. L’enjeu majeur est l’urbanisme intégré : créer des lieux de vie durables, pas seulement des bâtiments performants.
Quel projet vous enthousiasme particulièrement ?
Héraklion, sans hésitation. Un projet emblématique à plusieurs titres : réglementaire, environnemental et architectural. Il reflète l’évolution des modèles tertiaires vers des espaces plus ouverts, plus connectés, favorisant le « dedans-dehors » et la qualité d’usage. Ce dernier doit-être à la hauteur des enjeux contemporains.

3 questions rapides :
Bottes de sécurité ou maquette 3D ?
Les deux. Le terrain pour comprendre et mieux appréhender le projet, la conception pour anticiper.
Le bruit d’un chantier : musique ou nuisance ?
De la musique. Nous en sommes les chefs d’orchestre.
Un matériau ?
La chaux. Utilisée depuis des siècles, écologique, souple et résistante. Avec le bois et le chanvre, elle incarne le renouveau des filières biosourcées.